PEDICURE PODOLOGUE


 


PEDICURE-PODOLOGUE

 

Le pédicure-podologue est un professionnel de santé à part entière spécialisé dans l'étude et le traitement des affections du pied. Il tient compte dans sa pratique des interactions avec le reste du corps.

Si ces 2 métiers sont enseignés simultanément au cours du cursus, ils sont toutefois différents tout en étant complémentaires : le pédicure se consacre aux soins tandis que le podologue s'attache aux prolongements et aux compléments des soins. Ainsi, il arrive parfois que le pédicure-podologue n'exerce pas les 2 facettes du métier. 


 

Le pédicure soigne toutes les affections de la peau et des ongles du pied : cors, œils-de-perdrix, ongles incarnés, chevauchement des doigts, affaissement de la voûte plantaire, reconstitution partielle ou totale des ongles, durillons, mycoses, verrues plantaires, sans oublier les troubles de la sudation.

Chaque consultation commence par un examen clinique. Le pédicure pose ensuite un diagnostic avant d’entreprendre un traitement thérapeutique : extraction, élimination des peaux mortes, ponçage, prélèvement, massage, coupe et soins des ongles. Il applique des crèmes et des onguents et prescrit des médicaments à effet local comme les antimycosiques ou les virucides.

Après l'aspect soins, vient en prolongement la podologie si besoin est.

 

Le podologue fabrique des semelles orthopédiques, appelées orthèses plantaires, pour compenser les malformations des pieds, pallier des problèmes vasculaires dans les jambes ou des pathologies du genou et du dos. Ces orthèses sont conçues à l'aide d'un podographe ou d'un scanner parfois via un logiciel informatique si le podologue en est équipé. Elles sont ensuite fabriquées en atelier. 

En cas d’artérite, de fracture ou de troubles graves de la circulation sanguine il oriente son patient vers des praticiens spécialistes de ces pathologies.

Cette profession requiert une grande habileté manuelle : il faut avoir des gestes précis, une grande sûreté des mains et beaucoup de minutie. Un bon contact humain est nécessaire.

 

On compte 11 000 pédicures-podologues (dont 70 % de femmes) en exercice. La quasi-totalité exerce en libéral dans le cadre de différents statuts juridiques : exercice individuel, remplacement ou collaboration avec rétrocession sur les honoraires. Le remplacement et/ou la collaboration sont souvent le lot des jeunes diplômés. Le salariat est limité à un emploi en hôpital ou en clinique.  

Le temps partiel est souvent le lot des débutants. Il faut bien choisir son implantation car certaines villes tendent à saturation (Paris, Lyon, Marseille). Les débouchés se situent surtout dans le Nord et l'Est.


 Formation et compétences

 
Pour exercer le métier de pédicure-podologue, le diplôme d'État (DE) est obligatoire. Ce diplôme se prépare en 3 ans après le bac dans des instituts spécialisés agréés par le ministère de la Santé ou après une PACES (première année commune aux études de santé).

Pour entrer dans une école de pédicures-podologues, il faut réussir un concours qui a lieu le plus souvent en avril. Pour s’y présenter, il faut être âgé de 17 ans minimum et être titulaire d'un bac (S de préférence).

 On peut également tenter le concours, avec un bac ST2S (sciences et technologies de la santé et du social) ou un titre équivalant au bac, ou encore avec une expérience professionnelle de cinq ans sans être titulaire du bac.

 Le concours est très sélectif. Beaucoup de candidats suivent une prépa spécifique, privée ou publique.

 Onze instituts, dont 2 publics (Bordeaux et Toulouse), préparent au DE.


 Une fois en école, les études durent trois ans. Elles ne sont pas gratuites : il faut compter entre 5 000 € et 8 000 € par an dans les instituts privés, et 2 000 € (matériel compris) dans les instituts publics de Bordeaux et Toulouse. Des bourses d'études peuvent être accordées par l'État aux étudiants dont les ressources ne dépassent pas un certain plafond.


 

Evolutions

 
La quasi-totalité des pédicures-podologues travaillent en libéral. Après quelques années passées avec un associé ou en tant que salarié, le podologue peut ouvrir son propre cabinet.Quelques-uns se spécialisent dans un type de pathologie : traumatologie, ou rhumatologie, par exemple ou dans l'appareillage.


 Préparez votre installation

 
Préparer son installation en secteur libéral passe par la définition d'un projet d'exercice professionnel.

 Une fois le lieu de votre installation choisi, posez-vous la question du mode d'exercice que vous souhaitez avoir. Vous pouvez en effet choisir d'exercer seul ou à plusieurs.


Exercer seul

 Vous allez ouvrir un cabinet individuel qui peut prendre la forme d'une reprise de clientèle, ou d'une création.


Exercer à plusieurs

 Ce mode d'exercice a plusieurs avantages, dont la mise en commun des moyens (équipement informatique, personnels, locaux, etc.) et le partage des coûts de fonctionnement avec la possibilité d'investir et de rentabiliser vos équipements. Il offre aussi davantage de confort ou de souplesse en matière de conditions de travail ou de revenus, et favorise la continuité des soins auprès de vos patients.


Salaires

 
Entre 2 000 € et 3 000 € brut par mois pour un pédicure-podologue en libéral.

Dans la fonction publique hospitalière (FPH), les salaires sont compris entre 1 500 € et 2 200 € brut par mois.


 

 Démarches : S’installer

 Demandez votre inscription au tableau de l'Ordre auprès du conseil régional de l'Ordre des pédicures-podologues de votre lieu d'exercice.
Pour plus de détails, contactez l'Ordre des pédicures-podologues (voir « Sites utiles » ci-contre)

 

Conseil national de l'Ordre des pédicures-podologues
116, rue de la Convention
75015 PARIS
Tél : 01 45 54 53 23
01 45 54 53 23
Fax : 01 45 54 53 68


 L'enregistrement de votre diplôme auprès de la DTARS

 

Faites ensuite enregistrer votre diplôme auprès de la délégation territoriale de l'agence régionale de santé (DTARS) de votre lieu d'exercice qui vous attribuera votre numéro ADELI, indispensable à l'exercice en libéral. Vous disposez d'un mois après votre installation pour effectuer cet enregistrement. Cependant, vos feuilles de soins et votre carte de professionnel de santé (CPS) ne pourront vous être délivrées que lorsque vous l'aurez accompli. Pensez donc à contacter la DTARS le plus tôt possible.


L'enregistrement auprès de l'Assurance Maladie

 Une fois que vous êtes inscrit au tableau de l'Ordre et que vous avez fait enregistrer votre diplôme auprès de la DTARS, vous devez déclarer et faire enregistrer votre activité libérale auprès de l'Assurance Maladie.

 

En pratique :

  • Contactez par téléphone la caisse d'Assurance Maladie de votre lieu d'exercice pour prendre rendez-vous. Un conseiller de l'Assurance Maladie vous indiquera la liste des pièces justificatives nécessaires à présenter lors de cet entretien ;
  • à la suite de cette étape, votre caisse d'Assurance Maladie procède à votre inscription au fichier national des professions de santé (FNPS) et vous délivre des feuilles de soins pré-identifiées. Le déclenchement des opérations d'attribution de la carte CPS va également être activé.


Les autres formalités obligatoires


L'immatriculation à l'Urssaf

 Contactez le service des travailleurs indépendants de l'Urssaf de votre lieu d'exercice dès le début de votre activité professionnelle. C'est cet organisme qui assure le recouvrement de vos cotisations sociales.

L'adhésion à la Carpimko

 L'adhésion à la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes (Carpimko) est obligatoire pour tout pédicure-podologue inscrit à l'Ordre et exerçant en secteur libéral - même à temps partiel, même s'il exerce par ailleurs une activité salariée.
Pour plus de détails, contactez la Carpimko (voir « Sites utiles » ci-contre).

 Carpimko
6, place Charles-de-Gaulle
78882 Saint-Quentin-en-Yvelines Cedex
Tél : 01 30 48 10 00
01 30 48 10 00
Fax : 01 30 48 10 77


L'affiliation à un régime d'assurance maladie

 Vous pouvez opter, lors de votre première installation, pour le régime d'assurance maladie des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ou pour le régime maladie du Régime social des indépendants (RSI).
Dans le premier cas, l'affiliation se fait auprès de la caisse d'Assurance Maladie de votre lieu d'exercice et le règlement de vos cotisations s'effectue auprès de l'Urssaf.
Dans le second cas, contactez le RSI de votre lieu d'exercice (voir « Sites utiles » ci-contre).

 
L'assurance volontaire contre le risque AT/MP

 Si vous exercez en tant que libéral, vous pouvez souscrire une assurance volontaire contre le risque d'accident du travail et de maladie professionnelle (AT/MP), ainsi que votre conjoint collaborateur.
Elle permet notamment de bénéficier :


  • Du remboursement à 100 %, sur la base des tarifs conventionnels, des frais de santé liés à un accident de travail/de trajet ou à une maladie professionnelle ;
  • Du versement d'une indemnité en capital ou d'une rente en cas d'incapacité permanente (IPP) liée à un accident de travail/de trajet ou une maladie professionnelle.

 La cotisation est à payer auprès de l'Urssaf.


L'assurance responsabilité civile professionnelle

 Pour rappel, tous les professionnels de santé exerçant à titre libéral doivent avoir une assurance responsabilité civile concernant l'ensemble des actes qu'ils pratiquent (article L.1142-2 du code de la santé publique).
Tout pédicure-podologue exerçant en secteur libéral doit donc contracter une assurance de ce type.
À noter que le manquement à cette obligation d'assurance peut entraîner des sanctions pénales et disciplinaires.


 


Sources : metiers.santesolidarites.gouv.fr et ameli.fr